Un blog mettant en scène les récits épiques d'un représentant de la classe moyenne française agrémenté de billets d'humeur, de bons plans et d'échappées vers des classes moyennes du monde entier...

vendredi 24 février 2012

Un hôtel chic et pas cher à Paris

Avec le printemps qui approche, les envies de voyage sont de retour. Nos bons plans aussi. Le blog de la classe moyenne a testé pour vous l’Hôtel du Nord Le Pari Vélo.

Que ce soit pour une escapade en amoureux ou un déplacement professionnel, ce petit hôtel à proximité de la Place de la République et de la Gare de l’Est est une petite merveille dans son genre. Débarrassons-nous de la question du prix : la chambre simple est à 71 €, la double à 84€50. Et pour ceux qui aiment la promiscuité avec leurs enfants, la familiale est à 110 €. Imbattable pour un hôtel de charme (osons l’expression) en plein cœur de Paris. C’est tout de même plus drôle qu’une cellule dans une tour sans grâce en bordure du périphérique.

Avant même l’arrivée des Vélibs, l’hôtel proposait des vélos pour visiter Paris. Ils sont toujours là. L’esprit un chouïa bobo du lieu est agréable. L’accueil, personnalisé et décontracté. Les chambres, pas toujours très grandes, sont toutes différentes et meublées avec goût. Le petit déjeuner (7€50) est servi dans une cave voutée avec la presse et les croissants du jour. J’y ai croisé un charmant couple de seniors anglais répétant en boucle, comme dans une méthode de langue « Its’ lovely, isnt-it ? ». Si les anglais le disent…

lundi 13 février 2012

Rouler en Logan, c’est chic

La version carrleur - surfeur selon la pub
Face à la stagnation du pouvoir d’achat, on n’achète plus une voiture pour impressionner les voisins mais pour se déplacer.

Une étude européenne menée par Cetelem (le type moussu en vert qui a l’air si gentil) et relayée par Yahoo montre que les transports en commun sont de plus en plus plébiscités par la classe moyenne. Autre indice, les ventes de Dacia ont augmenté de plus de 51 % en 2011. La Laguna imaginée pour les pauvres des pays émergents devient la coqueluche des classes moyennes occidentales. On appréciera son slogan planétaire, universellement compréhensible : Think big, pay little.

Dans un article de Marianne, le sociologue Hervé Marchal expliquait ainsi les raisons de son succès : « La Logan est un anti 4x4 : rustique, utilitaire, peu voyante... Néanmoins, elle conserve l'attrait de la nouveauté qui est important socialement : elle permet une ostentation trompeuse ». Et voici donc une nouvelle bonne astuce pour un coup de frime à petit budget.  Les constructeurs doivent pour autant soigner leurs produits car l’aspect mal dégrossi de la Tata de Nano a irrémédiablement rebuté la classe moyenne indienne à laquelle elle était pourtant destinée malgré son coût modique de 207.000 roupies (2700 €).

Mais pour être vraiment de son époque, le must consiste à ne plus avoir de voiture. L’autopartage et toutes ses filiations communautaires auront bientôt raison de ce signe extérieur de richesse. Et pour compléter cette rubrique, signalons un blog qui s'intéresse aux femmes et aux voitures : Charlotte au volant.

mercredi 8 février 2012

La presse en parle encore

Décidément, ces jours-ci, on fait la une. Le point commun de cette abondante littérature : l’impossible définition de la classe moyenne…

Dans la version numérique de Marianne, un certain Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail affirme : « Il n’y a pas de couche moyenne avec ou sans « s ».  Il y a deux classes fondamentales, celle minoritaire et dominante de l’actionnariat et du patronat, et celle majoritaire et dominée du salariat. » Circulez, il n’y a rien à voir !

Dans Le Nouvel Observateur, un politique, Laurent Wauquiez, engage le duel avec un sociologue. En bon politicien, le politique nous ressert le bon vieux discours d’amour : « ce qui m’intéresse, c’est la vie des gens »… Pour lui, ce qui fonde la classe moyenne, c’est une question commune pour ceux qui touchent entre 1500 et 500 € par mois : « Je vis de mon travail. Que me reste-t-il à la fin du mois ? ». Le sociologue estime que la fourchette concerne 75 % de la population française, soit un « énorme agrégat ».

Résultat, le bon chiffre de la classe moyenne se situe quelque part entre 0 et 75 % de la population française.Voilà une revue de presse riche en enseignements !

jeudi 2 février 2012

La presse en parle !

Revue de presse "middle" people
Campagne présidentielle oblige, la classe moyenne est au cœur de l’actualité. Vous, moi, un peu tout le monde, faisons l’objet d’une cour intense relayée avec gourmandise par la presse.

Candidat cherche classe moyenne titrait L’Express dans son édition du 27 janvier en insistant sur le match droite gauche pour séduire cet électorat. Les Classes moyennes au cœur du débat des présidentielles renchérit Le Nouvel Observateur. Plus railleur encore, Le Journal du Dimanche évoque la crispation autour de ce pactole de votants supposés : L’UMP et le PS s’écharpent encore sur les classes moyennes. Mais attention, prévient Le Point, cet électorat est « médian, pivot et surtout non acquis ».
Il n’y a presque que L’Humanité qui se pose la question de la définition de la classe moyenne avec un article signé du sociologue Jean Lojkine auteur notamment de Les classes moyennes à la dérive. Il rappelle dans l'article Cette anti classe censée les absorber toutes à point nommé les travaux de Bourdieu à qui on doit cette délicieuse formule  de « misère petite bourgeoise ».
Mais c’est Vingt Minutes qui s’avère le plus pertinent en donnant la parole à la vraie classe moyenne, celle de Pontaullt-Combault dont le territoire est composé à 75 % de pavillons en mettant en exergue un cri du coeur : "On vit moins bien maintenant qu'il y a dix ans". On peut ajouter son témoignage (même si on n'habite pas à Pontault-Combault) sur leur site Internet en écrivant à reporter-mobile20minutes.fr

mercredi 25 janvier 2012

La tentation de la neige

Mais où est passé le jambon ?
Après deux années sans vacances à la neige, la tentation d’une escapade familiale à la montagne s’intensifie. Petite étude de marché.

En choisissant une station familiale du Vercors, on peut penser que les tarifs seront justement très familiaux. Première nouveauté en ce qui concerne l’hébergement, l’invention de la semaine de cinq jours qui permet de donner l’impression de partir une semaine sans payer une semaine. Pour cinq nuits en demi-pension dans un établissement familial, comptez environ 800 €, un petit peu moins si les toilettes sont sur le palier. Le luxe tient à si peu de choses.
Les cours de skis pour deux enfants pour cinq jours s’élèvent à plus de 400 €, forfait remontées mécaniques inclus. A quoi il faut ajouter la location de tout ce matériel encombrant. N’oubliez pas les parents qui avec chaussures, skis, bâtons et forfaits devraient tourner autour de 300 €. Et voilà donc une petite semaine dont le prix plancher est de 1500 €.  Il ne va pas rester grand-chose pour la raclette. Tant pis pour le jambon de pays. Autre solution, plus radicale : déscolariser les enfants et réserver hors vacances scolaires, soit à partir du 12 mars, quand la neige commencera à fondre…
Vivement le réchauffement climatique !

jeudi 19 janvier 2012

le récit de nos angoisses

En plus, la couverture est moche
La sociologue Dominique Goux et l’économiste Eric Maurin livrent ce mois-ci un essai provocateur : Les Nouvelles classes moyennes. Nous serions selon eux en plein fantasme collectif.

Rappelez-vous. Lors d’une précédente campagne électorale on avait parlé du « sentiment de la sécurité » plutôt que de la sécurité. Nos deux érudits, Dominique Goux et Eric Maurin, nous la rejouent en parlant de l’angoisse de la paupérisation plutôt que de la paupérisation. La panne de l’ascenseur social, le déclassement, c’est dans notre tête. C’est une fiction, écrivent les auteurs. Nous sommes juste tenaillés par une vilaine trouille, une « anxiété, la crainte de choir ».

Cet essai contredit les thèses développées par Louis Chauvel dans Les Classe moyennes à la dérive » et vient compléter une longue série d’essais opportunément édités en période d’orgie politique. Ce sera bientôt un phénomène d’édition : Le Chagrin des classes moyennes, Bobos de merde (si, ça existe), On achève bien les classes moyennes et on n’en finit pas d’enrichir les élites (ça existe aussi), La fin des classes moyennes ou l’avènement de la société low cost….
Ce sera bientôt comme les Martine : Les classes moyennes font du ski (épuisé), Les Classes moyennes font leur course chez ED, Les Classes moyennes campent dans le Morvan, …

Pour un compte rendu sur cet ouvrage, vous pouvez consulter l'article paru dans Le Monde du 12 janvier

mercredi 11 janvier 2012

Une nouvelle classe révolutionnaire ?

La classe moyenne se rebiffe (archives)
Un article du Monde économique daté du 10 janvier 2012 fait de la classe moyenne le terreau des grandes révolutions du XXIème siècle. A l'exception de l'Europe où celles-ci sont fortement déstabilisées.

Nicolas Baverez, l’auteur de cet article baptisé La lutte des classes moyennes, est surtout connu pour avoir édité des ouvrages économiques aux titres apocalyptiques : L’impuissance publique, La France qui tombe, Les Trente Piteuses, En route vers l’inconnu

Ce libéral bon teint, chroniqueur au Point abandonne son déclinisme habituel pour dresser une cartographie expéditive des révoltes et des indignations qui ont secoué l’année 2011 : les indignés de Wall- Street, la jeunesse insurgée du monde arabo-musulman ou bien encore les opposants aux pouvoirs autoritaires de Russie et de Chine.

A contrario, les classes moyennes occidentales, malmenées par la crise, se crispent et se ferment. Et pour faire la synthèse de ces deux postures antinomiques, Nicolas Baverez se lance dans une formule choc « C’est pourtant bien autour des classes moyennes que va se nouer le destin de la mondialisation ». Après l’Internationale socialiste, voici l’Internationale Classe moyenne ! Camarades, prenez de la hauteur, arrêtez de vous braquer sur votre pouvoir d’achat, la révolte est en marche !