Un blog mettant en scène les récits épiques d'un représentant de la classe moyenne française agrémenté de billets d'humeur, de bons plans et d'échappées vers des classes moyennes du monde entier...

dimanche 12 mai 2013

Rêve de singe

Comme dans une fable de La Fontaine
Des chercheurs de Liverpool ont mes en avant le stresse des macaques occupant des postes intermédiaires.

Relayée dans le Cahier Science et Techno du Monde daté du 13 avril dernier, cette étude se base sur 600 heures d'observation du comportement de macaques de Barbarie d'une forêt du Royaume-Uni où ils évoluent en semi-liberté. Il ressort de cette étrange enquête que les singes qui occupent des postes intermédiaires sont plus stressés que les autres car ils doivent gérer des conflits avec des rangs inférieurs et des rangs extérieurs. Et comme les scientifiques adorent étayer leurs conclusions avec des preuves concrètes, ils analysent les selles de ces aimables animaux. Il s'avère ainsi que le taux de cortisone est un indicateur fiable du degré d'anxiété. On conseillera donc la lecture de cet article à tout cadre d'entreprise qui aurait des problèmes de transit intestinal. l'article se conclut que plus on est haut dans la hiérarchie et moins on est soumis au stress. Et la quiétude absolue est garantie quand le nombre de subordonnés est très élevé.

A lire également un article sur cette même étude sur le site Futura Santé.

mardi 26 février 2013

Nous n'irons pas à la neige

Vide grenier hivernal
En 2013, nous n'irons pas à la neige. On dirait que notre entourage n'attendait que cela. Les heureux vacanciers nous ont en effet sollicité pour emprunter notre équipement hivernal tassé dans le fond du garage. Plus de cinq familles nous ont sollicité pour emprunter des gants, des bottes, des pantalons de skis ou des doudounes. C'est équipé d'une lampe frontale qu'un ami est venu faire des repérages dans les recoins obscurs de notre sous-sol. Même la combinaison rose réchappée des années 70 a trouvé preneur. Et c'est avec nostalgie que je suis tombé sur les chaînes, vibrant rappel des routes enneigées sillonnant au milieu des cols alpins. Donc pas de neige en 2013, juste quelques regrets à faire fondre en buvant un bon vin chaud...

lundi 11 février 2013

Avez-vous déjà goûté un chewing-gum bio ?



Plaisir mexicain

De temps en temps, histoire de me donner l’impression de bénéficier d’un bon pouvoir d’achat, je fais mes courses dans une supérette bio. J’ai testé pour vous le chewing-gum.

Importé du Mexique (l’empreinte carbone pourrait s’avérer dissuasive), la gourmandise se présente sous la forme d’une tablette sécable d’une couleur marron peu appétissante. Dans la bouche, le petit carré libère son jus citronné avant de se morceler, faisant craindre une dissolution rapide. Après un temps de mâchouillage d’environ cinq minutes, le chewing-gum retrouve son intégrité et forme une pâte malléable en tout point identique aux modèles hollywoodiens. Sauf qu’entre temps, le parfum s’est envolé. Et puis vous mâchez, plus le volume du chiclé, la gomme d’origine végétale, semble prendre du volume jusqu’à devenir invasive. Il ne reste plus qu’à recracher promptement la boulette pour éviter le sentiment d’étouffement qui vous menace. Pour 2€10, ce plaisir équitable est bien furtif.

jeudi 7 février 2013

Comment expliquer que mon médecin  en honoraires libres ne me propose que des journaux datés de l'année dernière ?

En règle général, un spécialiste ne reçoit jamais ses patients à l'heure. Pour tromper l'ennui, il met à notre disposition des tracts publicitaires culpabilisants (le tabac tue !) ou angoissants (Et si c'était la sclérose en plaques ?), des ouvrages médicaux sur la vésicule ou la prostate totalement indigestes et enfin, des revues. Dans le meilleur des cas, celles-ci ont quelques semaines de retard, dans le pire des cas, un an ou deux. Non seulement les pages d'actualité sont  faisandées, mais les loisirs tant espérés ont été consommés. Un gourmand a arraché les bonnes recettes, un cérébral a rempli les cases de sudoku et un angoissé à raturé le test portant sur la confiance en soi. Avec les 65 € versés pour ma consultation d'une durée de 10 minutes, mon spécialiste pourrait pourtant s'abonner au Point ou au Nouvel Observateur et m'offrir un peu de fraîcheur dans sa salle d'attente. Je n'ai aucune explication quant à cette mesquinerie éditoriale. Quelqu'un aurait-t-il la réponse ?

jeudi 31 janvier 2013

Mois du blanc

En toute impudeur ...
Après un abandon de quelques mois, je reviens vous donner quelques nouvelles de la classe moyenne en 2013. Histoire de donner la tonalité de la nouvelle année, je vous offre un grand moment d'intimité : l'intérieur de mon placard de linge de maison. Jolie appellation pour ce bazar multicolore que je ne renouvellerai encore pas cette année. Après l'orgie consumériste de Noël, nos amis marchands tentent comme chaque année de nous revendre des taies d'oreillers et autres accessoires de literie. Mais qui a encore les moyens de renouveler ses vieux draps ? Ce mois du blanc nous renvoie à l'époque bénie des trente glorieuses, au lin des Vosges, ou aux mouchoirs de Cholet. Mais janvier sera une fois encore le mois du découvert !

jeudi 4 octobre 2012

Fantasmes sur la femme de la classe moyenne


L'icône de la classe moyenne ?

Pour son nouveau film, Dans la maison (en salles le 10 octobre), François Ozon a fait d’Emmanuelle Seignier une icône fantasmagorique.

Le pitch : un adolescent en plein marasme existentiel se choisit comme sujet de rédaction une famille de la classe moyenne afin d’épater son professeur de français (Fabrice Luchini). L’adolescent se met alors à fantasmer sur Esther, la mère au foyer frustrée (forcément) dont la seule aspiration est d’ordre matériel, l’aménagement de la véranda et de la salle de bain faisant office de projet de vie. Les revues de décoration intérieure sont ainsi sa seule lecture. L’ennui guette la femme mariée ? L’adolescent s’engouffre dans cette brèche en délirant  sur « son corps de femme de la classe moyenne » et s’émeut de « l’odeur si significative de la classe moyenne ».  Si Emmanuelle Seignier endosse la caricature avec une certaine élégance dans ce film assez plaisant, on resta pantois devant le côté popote du personnage d’Esther.  Je propose donc d’inviter le réalisateur à la maison non pas pour humer l’odeur corporelle de la classe moyenne mais pour lui faire comprendre que la course au confort moderne est totalement dépassée, relayée aujourd’hui par la lutte contre le déclassement.

lundi 17 septembre 2012

Tout est mini dans notre vie


... mais il fait le maximum.

Maintenir le prix du produit tout en baissant la quantité est la nouvelle idée marketing du moment. Bienvenue dans le monde riquiqui des mini doses.

Un lecteur vigilant de Que Choisir (pléonasme) s’est ému récemment que la contenance de son bidon de sirop Tesseire au citron vert était passée de 75 cl à 60 cl pour un prix constant. Estomaqué par cette perte de 15 centilitres, ce consommateur en colère a écrit au marchand de sirop qui lui a répondu que le cours de l’acier et celui du concentré de fruit étant en hausse, il a choisi de « maintenir un prix unitaire qui demeure accessible ».

Et pour que tout reste accessible, nos amis industriels ont inventé la mini dose comme en témoigne un article paru dans Le Monde du 3 septembre. Le journaliste rapporte que le responsable européen de Unilever (le géant mondial de la lessive) souhaite reprendre l’idée des modèles réduits en cours dans les pays en développement : « Si un Espagnol ne dépense plus en moyenne que 17 euros quand il fait les courses, je ne vais pas lui proposer un paquet de lessive qui coûte la moitié de son budget". Les Espagnols apprécieront que ce grand industriel ait pensé à eux.

Mieux vaudrait donc garder un peu de liquide que de le thésauriser dans sa salle de bain sous forme de poudre à laver en bidon. Les économistes ont donné un  nom à ce comportement : l’épargne de précaution. Me voici donc condamné à ranger mes micro courses dans mon « microspace » Fiat en remplaçant désormais mes yaourts par des petits suisses pour devancer les belles idées de ces grands professionnels du marketing.

mardi 4 septembre 2012

Crise ibérique


Des jambons en noir pour protester

Un périple estival en Espagne m’a permis de constater que nos voisins ont la crise discrète.

Dépenser un peu d’argent dans un pays en crise m’a donné le sentiment d’être un bon citoyen européen. Passer trois petites semaines en Espagne, c’est quand même plus digne que d’acheter une maison en Grèce en profitant cyniquement de l’écroulement de l’immobilier. Acheter quelques fringues à Barcelone, louer une chambres d’hôtel à Grenade ou à Cordoue, voilà de menues dépenses qui tomberont directement dans la cagnotte espagnole qu’on annonce bientôt vide. Même la tonitruante Catalogne en appelle à l’Europe. Et l’Andalousie vient juste de demander une aide à Madrid.

Fouler un pays en tongs, même en plein mois d’août, permet-il de déceler quelques indices de la crise ? D’abord les soldes, généralement très intéressantes, s’avèrent cette année délirantes. Mais, bien que l’Espagne ressemble désormais à une immense braderie, les magasins restent déserts. Ici et là, quelques bars affichent un avertissement : « Ici, on ne parle pas de la crise ». Certains restaurants proposent également un menu « anticrise ». Mais à voir, les tablées familiales qui, la fraîcheur revenue, envahissent les terrasses, on pourrait croire que la crise a épargné l’Espagne. Les tentes des indignés de Madrid ont levé le camp et c’est dans l’intimité, loin des routards du monde entier, que se vit la crise au jour le jour, comme en témoigne ce reportage. On retiendra donc qu’un touriste est tout, sauf un économiste.

mardi 28 août 2012

Jamais sans mon frigidaire


Notre totem de l'été
En vacances, il y a pire qu’une absence de wifi : l’absence de frigidaire.

Pour faire la jointure entre deux locations, nous avons testé la formule camping en version espagnole. Notre séjour sous toile aura duré quatre nuits, durée maximum à ne pas dépasser sous peine de se transformer en cloporte car la position debout est quasi impossible. Rien à redire sur la piscine ou sur les délicieux plats à emporter si ce n’est que nous nous sommes retrouvés sans frigidaire. Nos voisins nordiques avaient tous à portée de la main des glacières électriques intégrées dans des cuisines montées sur roues proches de la perfection. Mais, nous, Français imprévoyants, comment survivre sans frigo ?

Impossible d’imaginer un petit-déjeuner au beurre rance et au jus d’orange tiède. Devant notre désarroi, le propriétaire du camping, a mis à notre disposition un vieux frigo qui ne manquait pas d’allure. Il est ainsi devenu notre totem, un signe extérieur de richesse.

Pour récompenser la famille d’avoir enduré quatre nuits aux confins de l’inconfort, nous nous sommes offerts une nuit dans un Novotel. Plus encore que le lit moelleux, c’est le mini bar réfrigéré qui s’est avéré le plus réconfortant. Au milieu des sodas, nous y avons trouvé un peu de place pour enchâsser nos portions de Kiri et nos briquettes de jus de fruit nous permettant d’organiser un petit-déjeuner low-cost.