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L'icône de la classe moyenne ? |
Pour son nouveau film, Dans la maison (en salles le 10
octobre), François Ozon a fait d’Emmanuelle Seignier une icône fantasmagorique.
Le pitch : un adolescent en plein marasme existentiel
se choisit comme sujet de rédaction une famille de la classe moyenne afin d’épater
son professeur de français (Fabrice Luchini). L’adolescent se met alors à
fantasmer sur Esther, la mère au foyer frustrée (forcément) dont la seule
aspiration est d’ordre matériel, l’aménagement de la véranda et de la salle de
bain faisant office de projet de vie. Les revues de décoration intérieure sont ainsi
sa seule lecture. L’ennui guette la femme mariée ? L’adolescent s’engouffre
dans cette brèche en délirant sur « son
corps de femme de la classe moyenne » et s’émeut de « l’odeur si
significative de la classe moyenne ». Si Emmanuelle Seignier endosse la caricature
avec une certaine élégance dans ce film assez plaisant, on resta pantois devant
le côté popote du personnage d’Esther. Je
propose donc d’inviter le réalisateur à la maison non pas pour humer l’odeur
corporelle de la classe moyenne mais pour lui faire comprendre que la course au
confort moderne est totalement dépassée, relayée aujourd’hui par la lutte
contre le déclassement.